Rabat dans la poésie marocaine et arabe

Rabat dans la poésie marocaine et arabe

De gauche à droite, sur scène : Jamal Amach, Rachid El Moumni, Abdelfattah Ezzine et Abdelaziz Boumeshouli, intervenants de la première séance de la rencontre académique « Rabat dans la poésie marocaine et arabe », vendredi 23 octobre 2026 au Théâtre national Mohammed V.

Dans le cadre de Rabat Capitale mondiale du livre, une rencontre de deux jours consacrée à la ville de Rabat dans la poésie marocaine et arabe a démarré ce vendredi 23 octobre au Théâtre national Mohammed V.

Rendez-vous désormais annuel du calendrier culturel, la session académique organisée par la Maison de la Poésie au Maroc a ouvert ses portes ce vendredi 23 octobre 2026 au Théâtre national Mohammed V, à Rabat. La rencontre a été ouverte par un mot de Mourad Kadiri, président de la Maison de la Poésie au Maroc. Placée sous le titre « La ville de Rabat dans la poésie arabe et marocaine », cette édition s’inscrit dans le programme de Rabat Capitale mondiale du livre. Elle s’étale sur deux jours : vendredi 23 et samedi 24 octobre 2026.

Le thème de cette anné s’articule autour de la ville de Rabat, de la notion de lieu et d’espace, abordées à travers le regard des poètes. Quatre axes structurent la session : la poésie et l’espace, la ville dans la poésie, Rabat dans la poésie marocaine et arabe, et des poètes marocains qui parlent de Rabat.

Première demi-journée : « La poésie et l’espace »

La matinée était consacrée à la première séance, intitulée « La poésie et l’espace ». Elle était présidée par Jamal Amach, qui a assuré la modération des échanges. Trois intervenants, à la fois poètes, sociologues et philosophes, se sont succédés.

Le poète Rachid El Moumni, figure de la génération des années 70, a ouvert la séance avec une réflexion sur la relation entre l’être, l’espace et l’existence. Pour lui, la poésie s’inscrit pleinement dans ce lien et dépasse le simple usage des mots.

Abdelfattah Ezzine, professeur de sociologie et chercheur à l’université Mohammed V, a ensuite défendu l’idée que la sociologie n’est pas aussi éloignée de la poésie qu’on le croit. Il a rappelé que la discipline s’est d’abord appelée « l’art social », preuve d’une parenté ancienne entre les deux champs.

Enfin, Abdelaziz Boumeshouli, professeur, traducteur, chercheur et écrivain dans le domaine de la philosophie, a abordé la poésie et la ville. Selon lui, la ville n’est pas seulement un endroit où l’on réside : c’est aussi un espace où l’on retrouve son identité. La poésie, a-t-il expliqué, tente de transformer ce lieu en une expérience sensorielle complète.

L’après-midi : « La ville dans la poésie »

La séance de l’après-midi sous la présidence d’Ibrahim Oulhiane, était consacrée au thème « La ville dans la poésie ». Cinq interventions étaient au programme :

  • Ahmed Hachem Rissouni a étudié les manifestations de la ville dans la poésie arabe moderne, à partir du poème « Al-Fourousiya » d’Ahmed Al-Majati pris comme modèle.
  • Saïd Hanchali a abordé la ville et le poète, de la géographie du lieu à la géographie de soi.
  • Yahya Ben Walid s’est penché sur la poésie et la prose de la ville.
  • Mohamed Ait Lamim a exploré l’image de Marrakech dans la métaphore poétique.
  • Fayçal Abou Tfil a traité de la passion de la ville et de la poétique de Casablanca dans « Ahwal Bayda » de Mohamed Al-Achari.

Un débat pour élargir la place de la poésie

Ces interventions se sont conclues par une séance de discussion et d’échange avec le public. Au-delà de l’hommage à Rabat, la rencontre vise à élargir la notion de culture et à ouvrir de nouveaux usages de la poésie dans la vie de la cité. La session se poursuit samedi 24 octobre avec trois autres séances.

Créée en 1996, la Maison de la Poésie au Maroc poursuit ainsi sa mission de faire vivre la poésie et de la mettre en dialogue avec les enjeux de la société.