» Articles » Rabat ouvre le livre du monde
L’hymne national retentit, la cérémonie commence. Rabat inaugure officiellement son année en tant que Capitale mondiale du livre 2026, un prestigieux titre décerné par l’UNESCO promettant douze mois riches en événements culturels à travers toute la ville.
Premier à prendre la parole, Son excellence Alexandre Guido Lopez Parola, ambassadeur du Brésil au Maroc et représentant de « Rio de Janeiro, Capitale mondiale du livre 2025″, a souligné la continuité entre Rio et Rabat. » Cette nomination n’est pas une récompense, c’est un mandat pour agir, faire du livre un instrument d’émancipation, de dialogue et de cohésion sociale « , a-t-il déclaré. Dans cette perspective, il rappelle que « Rabat et Rio de Janeiro partagent le même défi : faire du livre une expérience vivante ».
« Rabat 2026 : Une bibliothèque à ciel ouvert »
Le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohammed Mehdi Bensaid, enchaîne avec une vision claire et assumée : celle d’une capitale qui refuse de célébrer le livre entre quatre murs. Son programme ira chercher les gens dans les espaces publics, les écoles, et au cœur des quartiers. L’objectif est clairement affirmé : faire de la lecture un acte du quotidien, pas un privilège de quelques-uns. Il promet de faire de Rabat » une grande bibliothèque ouverte où les grands écrivains rencontrent la jeunesse ambitieuse « , avant de lancer un appel direct aux acteurs culturels, éditeurs et intellectuels du pays : prouver ensemble au monde entier que Rabat est une ville à la croisée de l’histoire et de l’avenir, profondément attachée aux valeurs du mot écrit
Charaf Ahmimed, directeur du Bureau régional de l’UNESCO pour le Maroc, a quant à lui replacé l’événement dans sa dimension historique mais aussi orientée vers l’avenir saluant une ville qui « incarne un dialogue vivant entre histoire et modernité » et qui porte « un engagement fort envers les jeunes générations ». Cependant, il a également soulevé une interrogation troublante : à l’horizon 2050, dans un monde dominé par l’intelligence artificielle et le numérique omniprésent, le livre aura-t-il encore sa place ?
La scène prend alors le relais. Deux vidéos artistiques sont projetées , célébrant le livre sous toutes ses facettes. Puis, une performance mêlant théâtre, musique et danse s’impose, ovationnée par un public conquis. Dialogue, mouvements, mélodies; tous les ingrédients sont réunis pour captiver l’audience et raviver le plaisir de toucher et de sentir l’odeur si particulière des pages. En une soirée, Rabat n’a pas simplement inauguré une année culturelle, elle a aussi démontré avec éclat pourquoi le livre, depuis toujours, résiste.